Manche longue et brouillard !

Le calme avant la tempête !

Alors que l’Hexagone rôtit sous les rayons brûlants du soleil et la chaleur étouffante, les 46 skippers en lice (un abandon cette nuit) sur cette dernière étape de La Solitaire URGO Le Figaro naviguent à tâtons dans le brouillard, encapuchonnés dans leur veste de quart et leur pantalon de ciré… Drôle d’ambiance difficile à imaginer, même si l’on connaît le célèbre Fog anglais !

Pour tous, ce parcours en Manche commence à devenir bien long après une nuit sans vent, donc quasi blanche en termes de sommeil. Car, pour un marin compétiteur, il n’y a rien de pire que l’absence de brise. Les réglages doivent être permanents pour attraper le moindre courant d’air, impossible de fermer l’œil sous peine de se faire littéralement largué par la meute.

Gildas interrogé à la vacation hier après-midi dimanche, avait l’air en pleine forme et heureux de sa toute première partie de course.

Même s’il ne fait pas très beau, ça fait du bien d’être de retour sur l’eau et de se bagarrer avec les concurrents. Depuis le début, ça reste serré, on est un gros groupe assez proche, en quelques milles. On voit des bateaux partout, devant et derrière, c’est plutôt sympa. Cette nuit, la traversée a été assez rapide, je suis monté jusqu’à 18 nœuds sous spi, ça bombardait mais c’était assez safe, c’était agréable. Là, depuis Wolf Rock, on longe les côtes anglaises dans 10-15 nœuds de vent avec de la pluie non-stop, ce n’est pas très agréable, mais c’est la vie. Pour l’instant, tout va bien, le moral est au beau fixe. Il n’y a pas eu de passage à niveau, parce que les courants sont plus faibles et que le vent est régulier, on attend des conditions légères pour ce soir et cette nuit, ça va peut-être changer ».

Gildas Morvan, Skipper Niji

Et oui, comme le prédisait hier le skipper de Niji, les conditions ont radicalement changées !

Après une nuit sans vent, ce lundi matin a donc vu un regroupement général de la flotte, comme un nouveau départ. Gildas dans le top 10 hier a vu son avance fondre comme neige au soleil. C’est le jeu de la régate quand le vent joue les paresseux, et surtout cela ne veut pas dire grand-chose à mi-course. Car si cet après-midi, les Figaro Bénéteau 3 ont repris leur cavalcade, poussés par un vent de sud-ouest relativement stable, cela ne va pas durer. Ce serait trop facile sinon ! Ce soir, le ventilateur va tout simplement s’arrêter… Rebelote : il est fort à parier qu’un autre regroupement aura lieu au moment d’approcher de l’île de Wight et la marque de parcours Owers. A minuit, l’heure du crime, les premiers enrouleront la bouée avant de traverser la Manche vers l’est de la presqu’île du Cotentin.

Gildas Morvan connaît bien la chanson avec 21 Solitaire au compteur. Il sait que la patience et la persévérance sont les moteurs de la réussite. Les prochaines heures vont sans doute être déterminantes et la troisième nuit en mer demandera encore de garder les yeux bien ouverts. Surveillez bien la cartographie de la course, le jeu est encore très ouvert…

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